dimanche 23 octobre 2011

Le montant optimal

A la recherche du montant optimal pour le revenu universel.

Les théoriciens du revenu universel, quel que soit le terme qu'ils utilisent, diffèrent par la méthode pour quantifier ce montant. Parmi les arguments entendus, il y a la nécessité d'un revenu suffisant pour ne plus être asservi au travail. Ce revenu devrait être lié à l'évolution du PIB, baisser en cas de récession, et augmenter en cas de croissance économique.

Un critère simple, et finalement peu contestable, est le seuil de pauvreté. Ainsi l'économiste Baptiste Mylondo, du mouvement Utopia, a choisi le seuil de pauvreté à 50% du revenu médian, ce qui correspond à 750 Euros par adultes. Le réseau BIEN a opté pour le seuil de pauvreté à 60% du revenu médian.

L'économiste Yoland Bresson, en partant du constat que le temps est une rareté économique, a élaboré la théorie de la "valeur temps". Son analyse conclue à un revenu d'existence de 330 Euros (15% du PIB)

Stéphane Laborde pour sa part considère que le revenu universel doit être défini en fonction de la création monétaire nécessaire au bon fonctionnement de l'activité économique. Ses calculs aboutissent à un montant de 400 Euros.

L'économiste de gauche, Jacques Marseille, a calé ses simulations de financement à partir d'un revenu de 750 Euros par adulte et 230 Euros par mineur.

Les mouvements politiques, de gauche ou de droite, définissent le montant en fonction de ce qui leur semble juste et économiquement viable.
  • 400 Euros pour tous, pour Christine Boutin (Chrétien Démocrate)
  • 750 Euros probablement pour les Libéraux de Gauche, qui semblent proches de J. Marseille.
  • 817 Euros pour Europe Ecologie Les Verts aux européennes de 2007
  • 850 pour Dominique De Villepin


Un revenu de survie

Le revenu universel tel qu'il est énoncé correspond donc à un calcul économique. Remettons l'humain au centre de l'économie, et définissons ce que serait un revenu de survie. Son estimation serait fixée à partir des besoins de base, suffisants pour survivre.

Nourriture200
Logement, impots, assurance300
Eau, électricité, chauffage100
Vêtement, hygiene, soin50
Santé (CMU)0
Transport0
Loisirs0
Déco, ameublement0
Téléphone, internet, télévision0
TOTAL650

Il s'agit d'un revenu minimal de subsistance. Il ne permet pas de voyager, ni de s'offrir des loisirs, même pas la télévision. C'est le strict minimum, tout en restant en bonne santé. Constatons que ce montant est équivalent au RSA actuel, complété par l'allocation logement, bien que celle ci soit variable selon les régions. (411 RSA + 240 APL)


Un revenu de base

Le revenu universel ne doit pas être perçu comme un revenu suffisant pour vivre, oisivement. Il s'agit plutot d'un socle, d'un revenu de survie offert à tous. Mais c'est surtout un choix. Le choix pour chacun de se contenter de ce revenu, ou de contribuer à l'organisation de la société, et donc de travailler.

C'est ce revenu supplémentaire qui va permettre d'accéder au confort. Pour cela il faut organiser les conditions de ce choix. Il faut que le travail rémunéré soit un droit ouvert à tous, et non pas un privilège comme c'est le cas aujourd'hui.

Ainsi par exemple, quelqu'un pourra travailler quelques mois dans l'année, sans être passionné par son boulot, et le reste de l'année utiliser cet apport supplémentaire au revenu de survie, pour avoir suffisament de confort toute l'année.

Finalement le revenu universel doit répondre à une double problématique :
  • Etre un revenu minimal de survie.
  • Etre un outil économique.

Son montant doit être adapté pour qu'il soit incitatif, et pour qu'en cas de besoin, des volontaires se rendent disponibles pour accomplir le travail indispensable à la communauté.

Il convient de définir comment le revenu universel peut être un outil d'ajustement du marché du travail.



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